Sécurité

Assassinat d’Enoch Nyamwisi : la lutte pour justice et identification des coupables continue

Trente-trois ans après l’assassinat d’Enoch Nyamwisi Muvingi, initiateur du parti politique Démocratie Chrétienne Fédéraliste (DCF/N), la lutte pour que justice lui soit rendue se poursuit. C’est ce qu’a déclaré Jadot Katsuva, secrétaire permanent du parti à Butembo, lors d’un point de presse tenu au siège du DCF/N, près du rond-point Takenga. Selon lui, d’autres initiatives sont en cours pour que la mémoire d’Enoch Nyamwisi soit reconnue au niveau national.

Toujours selon Jadot Katsuva, la mémoire d’Enoch Nyamwisi reste vivante dans l’esprit des habitants de Butembo. Connu pour son sang-froid et sa détermination à promouvoir le développement socio-économique et académique, son parti continue de se battre pour lui rendre hommage.

Au niveau national, le DCF/N mène un plaidoyer pour qu’il soit reconnu comme « martyr de la démocratie » en RDC. Ce statut, estime le parti, est mérité pour avoir eu le courage de se rendre auprès du président Mobutu afin de plaider pour l’instauration du multipartisme après les consultations nationales. Jadot Katsuva précise que ce dossier est actuellement en débat à Kinshasa.

« Il y a déjà une lutte en cours. Enoch Muvingi sera reconnu parmi les martyrs de la démocratie. C’est ainsi que nous l’appelons, car il est mort pour avoir milité pour le multipartisme. Dans un régime monopartite, il a milité pour l’instauration du multipartisme. C’est pour cela qu’il est mort », explique-t-il.

Par ailleurs, le DCF/N s’est engagé à identifier tous les auteurs présumés de l’assassinat d’Enoch Nyamwisi Muvingi. La prochaine étape consistera à introduire une action en justice, même si certains suspects sont déjà décédés.

« Nous disposons déjà de documents prouvant qu’il s’agissait d’un crime d’État. Les auteurs sont connus : certains sont encore en vie, d’autres sont morts. Une procédure pénale sera ouverte à leur charge et ils seront punis. Plusieurs acteurs ont participé à cette infraction : les auteurs matériels et les auteurs intellectuels. Tous sont identifiés », révèle-t-il.

La commémoration de cette année 2026 a été marquée par une messe et une conférence-débat.

Enoch Nyamwisi a été assassiné en 1993, alors qu’il s’était rendu à Butembo pour s’enquérir de la situation sécuritaire dégradée dans cette partie du Nord-Kivu. Alerté après que des militaires présumés des forces loyalistes eurent incendié des commerces en plein jour, il a été criblé de balles dans sa voiture, puis brûlé par ses assaillants. Une partie de son corps, récupérée par des religieuses, avait été déposée à la morgue de l’hôpital Matanda.

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