Butembo : présence incontrôlée des armes à feu, « la situation était pareille avant la chute de Goma », prévient l’ex-député Matofali

La circulation incontrôlée des armes à feu, combinée à la présence des VDP Wazalendo, expose la ville de Butembo plus qu’elle ne la protège contre une éventuelle avancée de l’AFC/M23 et la menace de l’ADF. Selon l’ex-député provincial du Nord-Kivu, Promesse Matofali, la situation était pareille avant la chute de la ville de Goma en janvier 2025, plongeant la ville et les services de sécurité dans la confusion.
Parmi ses recommandations, l’acteur politique propose l’érection d’un seul camp pour le cantonnement de tous les Wazalendo.
La première option consiste à identifier tous les VDP Wazalendo présents en ville et dans les environs, car, d’après cet acteur politique de l’opposition originaire de Butembo, depuis que Kinshasa leur a distribué des armes, il est devenu très difficile de les contrôler.
« Lorsque le gouvernement de Kinshasa a distribué des armes aux groupes armés, il y avait seulement les responsables des mouvements. Quelqu’un vous dit : “Bon, moi j’ai 1000 hommes”, on lui fait directement 1000 armes. On ne sait même pas identifier l’arme, on va donner ça à qui, comment et quand, et comment on va la récupérer. Donc c’est un désordre total, voilà pourquoi la situation est complexe et difficile à contrôler », fait-il observer.
Parmi les conséquences, ces hommes en armes sont maintenant presque partout à travers la ville, se substituant à l’autorité de l’État, y compris pour arbitrer des conflits à la place du juge.
Pour l’ex-député provincial, également cadre du parti Ensemble pour la République, la deuxième option consiste à les écarter de la ville, les regroupant dans un campement afin de limiter leur mouvement parmi la population.
« Nous devons avoir un camp qui va réunir tout le monde. Et ce camp doit être contrôlé par l’armée congolaise (FARDC). Le mouvement des Wazalendo doit être limité. S’il y a quelqu’un qui sort du camp, on doit être en mesure de savoir où il va, ce qu’il va faire… Cela pourrait aider, à un niveau quelconque, à contrôler leurs mouvements », précise-t-il.
Par ailleurs, l’acteur politique plaide pour le démembrement du commissariat urbain de la police en quatre, avec un commissariat par entité communale. Il recommande également de renforcer la mobilité de la Police nationale congolaise, afin de faciliter ses interventions et d’améliorer son efficacité lors des patrouilles, conclut Promesse Matofali.
Jackson Sivulyamwenge
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