Butembo : des habitants refusent d’accorder un troisième mandat à Félix Tshisekedi

Lors de sa dernière conférence de presse, mercredi dernier à Kinshasa, le président de la République Félix Tshisekedi s’est dit prêt à briguer un troisième mandat si la population le lui accorde. Mais plusieurs habitants de Butembo, au Nord-Kivu, interrogés par La Voix de l’UCG, refusent de le lui accorder et ne jurent que par son départ.
Butembo est l’une des villes du Nord-Kivu affectées par l’instabilité sécuritaire, où la population n’aspire qu’à la paix. Ses attentes durant les deux mandats du président Tshisekedi étaient principalement focalisées sur le retour de la paix dans toute la province du Nord-Kivu, un des principaux messages de campagne de Félix Tshisekedi. « Malheureusement, cette paix n’est toujours pas au rendez-vous, déplorent de nombreux habitants.
«Ils nous ont instauré l’état de siège. Je ne sais même pas combien de fois il a déjà été prolongé. Ils ont ensuite instauré le système des réservistes ou des Wazalendo. Malheureusement, lui aussi n’a fait qu’empirer les choses. Ce sont les mêmes Wazalendo qui créent de conflits au sein de la population »
« S’il brigue un troisième mandat, il va le faire sans notre bon vouloir, mais s’il souhaite avoir notre feu-vert, qu’il commence à mettre fin à la guerre».
« C’est lui le commandant suprême, il a le pouvoir de stopper la guerre. Il va nous pousser à croire qu’il soutient la guerre pour rester au pouvoir».
« Moi, je ne peux pas lui donner ma voix, parce que depuis qu’il est président, nous n’avons jamais eu la paix. Aujourd’hui encore, plus de 20 personnes ont été massacrées. »
Un autre jeune évoque également le non-respect de la promesse présidentielle concernant l’emploi des jeunes :
« Tshilombo avait promis du travail aux jeunes, mais il ne l’a pas réalisé. Je suis licencié, je n’ai pas de boulot. Les massacres continuent jusqu’à aujourd’hui. Il ne passera pas. »
Pour certains analystes politiques, les déclarations du président Tshisekedi sur sa volonté de briguer un troisième mandat ainsi que sur la possibilité de ne pas organiser les élections dans les délais constitutionnels reflètent simplement une volonté de se maintenir durablement au pouvoir.
Propos ont été recueillis par Julienne Muhima.
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