Massacre à Bafwakoa : la société civile dénonce l’inaction face aux ADF
La société civile forces vives, coordination urbaine de Butembo au Nord-Kivu, recommande au gouvernement congolais de prendre au sérieux et dans l’urgence la menace des terroristes ADF à Lubero, à Beni et en Ituri. Cette recommandation, ainsi que d’autres, a été formulée dans une déclaration lue et rendue publique ce vendredi 3 avril, à la veille d’une attaque meurtrière attribuée aux terroristes ADF affiliés au groupe État islamique, survenue au village de Bafwakoa, chef-lieu du groupement Bafwako en Ituri. Cette attaque, la plus meurtrière de l’année, a fait plus de 43 morts selon l’armée et 75 selon la société civile, ainsi que l’incendie de plusieurs maisons.
Pour la société civile forces vives de Butembo, cette énième attaque constitue une violation grave du droit humanitaire international et s’inscrit dans la continuité d’autres cas similaires signalés dans la région, sans réponse satisfaisante de l’armée régulière.
Située sur la route Butembo–Kisangani, cette structure citoyenne craint déjà des retombées économiques importantes pour les deux villes sœurs, en raison de la perturbation du trafic. D’où son appel à une intervention rapide du gouvernement congolais.
Mathe Saanane, président de la société civile forces vives, coordination urbaine de Butembo, déclare :
En dépit des opérations conjointes Shujaa entre l’armée congolaise et l’armée ougandaise, lancées il y a cinq ans, le mouvement terroriste ADF, ayant prêté allégeance au groupe État islamique, n’a pas été éradiqué. Il continue d’étendre son influence et a constitué la province de l’Afrique centrale de l’État islamique, en territoire de Beni. Des zones jadis épargnées sont actuellement ensanglantées. Ils égorgent, brûlent et enlèvent des civils. Selon certains observateurs, cette question reste marginalisée car elle ne menace pas directement les intérêts du gouvernement en place.
Elisha Kindy
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