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JM droits des consommateurs : Me Sekera entre victoire contre défis d’engagement citoyen

Journée mondiale des droits des consommateurs : entretien avec Me Sekera Kasereka, défenseur des droits des usagers de l’eau et de l’électricité. Ce samedi 15 mars, à l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs, nous avons échangé avec Me Sekera Kasereka, l’un des activistes engagés dans la défense des droits des consommateurs d’eau et d’électricité. Trois ans après le lancement de son organisation, Me Sekera estime que des avancées notables ont été réalisées, bien que de nombreux défis restent à relever.

Dans une interview accordée depuis son cabinet, il explique que son combat est spécifiquement axé sur les problématiques liées à l’eau et à l’électricité, afin d’éviter la dispersion en abordant trop de sujets à la fois. Aujourd’hui, concernant la société Energie du Nord-Kivu, il estime que la lutte est sur la bonne voie, car cette puissante société est désormais sous pression face à ses pratiques de taxation des frais de location des compteurs.

« Lorsque nous avons remporté la décision, la société ENK estimait qu’elle n’avait pas encore été signifiée. Lors de mon déplacement à Kinshasa, je l’ai fait signifier par un dossier judiciaire. Une fois cela fait, ENK a introduit un recours auprès de la cour d’appel de Kinshasa Gombe. Étant donné que c’est eux qui ont engagé la procédure, nous nous attendions à ce qu’ils nous signifient le recours afin que les audiences puissent commencer. Nous étions prêts à défendre la position de l’autorité de régulation pour que la décision soit confirmée. Cependant, bien qu’ENK ait introduit ce recours, elle ne poursuit pas l’action. Sachant que ce recours est suspensif, l’entreprise semble hésiter à aller de l’avant. Or, si nous avons pu nous opposer à une société d’électricité et obtenir gain de cause, cela prouve que notre combat est sérieux. Si ENK hésite à poursuivre son propre recours, c’est qu’elle redoute les conséquences de la décision. Cela montre que des rapports de force existent et qu’ils étaient sous-estimés au départ ».

Parmi les principales contraintes rencontrées figurent le manque de moyens financiers pour mener efficacement cette lutte, ainsi que le sentiment d’abandon parfois ressenti par l’activiste.

« Ce que je déplore, c’est l’attitude de passivité. Trop de gens considèrent les questions d’intérêt général comme des affaires privées me concernant personnellement. Nous devons nous interroger : quel type de citoyens sommes-nous ? »

Me Sekera ambitionne d’élargir son combat à d’autres secteurs vitaux. Il appelle à une mobilisation populaire et à une appropriation collective des actions qu’il mène pour l’intérêt général.

Georges Kisando Sokomeka

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