Sécurité

Nord-Kivu: un commandant arrêté, des jeeps remises aux FARDC pour renforcer la mobilité à Mangoredjipa

La délégation des députés provinciaux du Nord-Kivu salue la mise en place des mécanismes défensifs des FARDC, après l’attaque des rebelles ADF à Ntoyo, près de Manguredjipa, dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu. Les élus se sont exprimés ce vendredi 12 septembre 2025, à leur retour de cette entité meurtrie. Selon eux, le massacre est la conséquence du manque de mobilité de l’armée, pourtant positionnée à quelques kilomètres du lieu du drame. Sur place, ils disent avoir participé à la prise de décisions pour mieux protéger la population.

Le commandement militaire a remis deux jeeps aux FARDC engagées dans les combats et une moto à la communauté pour alerter en temps réel. Un nouveau commandant a été installé à Manguredjipa, après l’arrestation de son prédécesseur, explique le député provincial Bienvenue Lutsumbi.

« Grâce à la souplesse et à l’esprit pratique des nouveaux commandants des opérations, nous sommes déjà parvenus à répondre à certaines difficultés, notamment la question de la mobilité de l’armée. Deux jeeps viennent d’être remises à l’armée sur place. Un nouveau commandant a également été installé… Il est difficile de justifier comment des opérations qui ont duré environ deux heures n’ont pas pu atteindre une entité située à moins de 7 km. Ce commandant est donc sous arrêt, et un remplaçant vient d’être nommé. Des moyens de déplacement ont également été attribués à ce nouveau commandant et à son équipe. D’autres troupes ont été déployées dans cette zone », rassure Bienvenu Lutsumbi, au nom des six députés provinciaux.

Les élus rapportent un bilan de 64 morts, contre 71 annoncé initialement. Plusieurs maisons et véhicules ont aussi été incendiés. Ils appellent les députés nationaux à renforcer le plaidoyer pour que le gouvernement central intervienne.

« Que nos amis qui sont à Kinshasa puissent nous aider par des plaidoyers susceptibles de créer un cadre d’intervention. Nous attendons une action du ministère des Affaires sociales pour venir en aide à ces populations. Il y a eu des véhicules incendiés, des motos détruites… Ces personnes ont perdu toutes leurs économies. Comment vont-elles pouvoir tout reconstruire ? En tant que délégation des élus provinciaux, nous avons été obligés d’apporter une aide à certaines familles touchées. Imaginez-vous : dans une seule famille, on a enregistré jusqu’à une vingtaine de pertes. Même sans moyens, nous avons fait le minimum… Mais les besoins restent énormes. Pour soutenir la résilience de ces populations, le gouvernement central doit également prendre en compte la dimension sociale, et venir en aide aux victimes », plaident-ils.

À la suite de l’attaque, plusieurs habitants ont fui leurs villages pour rejoindre Butembo et d’autres zones jugées plus sûres.

Glodi Mirembe

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