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Butembo : le tronçon routier reliant la cellule Katsya au centre-ville menacé par une tête  d’érosion, l’extraction du sable indexée

Le tronçon routier reliant le centre-ville à la cellule Katsya, située au quartier Vutetse, en commune Kimemi, est menacé par une tête d’érosion. Cette situation s’aggrave par l’extraction illicite du sable dans la rivière de la vallée des avenues walikale, Mususa, Batangi, Beni, Buyora, Masisi Baswagha, au quartier Biondi,  dans la concession de l’ITAV. Les usagers et les riverains craignent une imminente disparition de ce tronçon routier et des parcelles environnantes si rien n’est fait au plus vite par les autorités compétentes. La Voix de l’UCG y a effectué une descente ce mercredi 22 juillet.

À notre arrivée, il est 8 h 30, des femmes et des jeunes filles, bêche à la main, extraient paisiblement du sable dans la rivière qui ruisselle au fond d’une falaise d’environ 10 mètres de profondeur sur ce site érosif. Pourtant, l’impact est grand : la tête d’érosion continue de s’étendre à grands pas vers ce tronçon routier reliant la cellule Katsya au centre-ville. Seulement quelques mètres, moins de cinq, les séparent. Aussi, la concession de l’ITAV n’en est pas épargnée. Hors micro, ces femmes refusent de nous parler. À notre départ, elles lancent qu’elles n’ont pas d’autre moyen de survie que l’extraction du sable et qu’elles ne craignent pas qu’une érosion puisse se produire en extrayant.

Sur place, Kambasu Nzereka, nom d’emprunt, habitant de la cellule Katsya, emprunte régulièrement ce tronçon routier pour se rendre en ville. À notre micro, il exprime la crainte de voir ce tronçon disparaître si rien n’est fait. « La route est sérieusement menacée. Si rien n’est fait, dans cinq ans, cette route aura disparu. Malheureusement, des femmes continuent d’y extraire du sable. C’est l’extraction quotidienne du sable qui a aggravé l’érosion. Certes, la pluie cause aussi des dégâts, mais ce sont surtout les extracteurs de sable qui ont provoqué cette situation. »

Kasereka Noé, lui aussi un nom d’emprunt, fréquente ce tronçon depuis tout petit. Aujourd’hui, il se désole de voir ce tronçon, jadis en bon état, être à haut risque d’occasionner des dégâts humains.

« Quand je regarde cet endroit, ça me fait peur. C’est un endroit qui peut occasionner des morts. Que ces gens qui creusent le sable arrêtent. Il ne reste que deux mètres avant que cela n’atteigne la route. Même si l’érosion continue à se creuser toute seule, qu’ils arrêtent vraiment. »

Un riverain rencontré sur place indique que la situation se détériore davantage à chaque saison des pluies. Il estime qu’outre le principal problème de l’extraction du sable, l’absence d’un système efficace d’évacuation des eaux pluviales est un autre défi.

« Ici, c’est sur la route. Toi, tu ne verras pas la cause de cette érosion. Tu vas seulement croire que c’est la brèche qui est là en bas qui est à l’origine de cette érosion. Il fallait voir la quantité d’eau qui vient de ce côté. Est-ce qu’il y a un canal pour évacuer toute cette eau ? Il faut venir sur le terrain pendant une forte pluie. C’est à ce moment-là que tu comprendras que le problème, c’est le manque de canalisations. S’il y a une possibilité d’éviter que l’érosion s’aggrave, qu’ils viennent construire un mur de soutènement. Ici, beaucoup pensent que cette érosion est provoquée par l’extraction du sable là-bas », explique un autre riverain.

Contacté par notre rédaction, le préfet de l’ITAV Butembo, monsieur l’abbé Justin Museghya, indique que des études sont actuellement en cours afin d’identifier les solutions les plus adaptées à cette situation. Il y a peu, le bourgmestre de la commune de Kimemi a initié la traque des extracteurs illicites de sable dans cette rivière. Toutefois, la mesure ne parvient pas à dissuader les contrevenants.

Julienne Muhima

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